Audition au Sénat de 3 plateformes coopératives : CoopCircuits, Mobicoop et CoopCycle

Mai 26, 2021 | Analyse

Le 26 mai 2021, trois plateformes coopératives (CoopCircuits, Mobicoop et CoopCycle) étaient auditionnées par le groupe d’étude Economie sociale et solidaire de la commission des affaires économiques du Sénat. Retour sur cette audition :

Plusieurs questions autour des spécificités des coopératives

Il a été longuement discuté au cours de l’audition de la différence entre les plateformes coopératives et les plateformes dominantes fonctionnant sur le modèle capitaliste classique et nous avons pu insister sur nos spécificités :

– partage de la richesse et lucrativité limitée : avec en particulier les réserves impartageables des SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) : 57,5% minimum des résultats positifs sont réinvestis dans le projet, et non distribués aux détenteurs de capital

– partage du pouvoir : gouvernance démocratique, co-construction du projet avec les parties prenantes. Parmi les conséquences concrètes de ce choix de gouvernance partagée : les usagers contribuent à fixer le prix des services, ces prix ne peuvent pas être changés arbitrairement.

– gestion d’un commun : les plateformes coopératives sont gérées par et pour leurs utilisateurs, qui gardent ainsi la main sur leur outil de travail, qui ce faisant ne peut pas être racheté. 

Questions autour de la précarité et du statut des travailleurs des grandes plateformes

Il faut préserver le travail indépendant pour les « vrais » travailleurs indépendants. C’est une évolution des modes de travail à prendre en compte. En revanche, le statut indépendant qui cache une situation de salarié (dans le lien de subordination avec l’employeur), la protection sociale en moins, exploité et sous-payé, c’est non ! 

Comment encourager le développement des plateformes coopératives?

A cette question, les trois représentants des coopératives ont été unanimes : avant d’imaginer comment nous soutenir, commencez par réguler les plateformes les plateformes de l’économie capitaliste néolibérale, de type Amazon, Deliveroo, Uber eats… Nous ne pouvons pas faire jeu égal si leurs externalités négatives ne sont pas prises en compte puisqu’elles tirent leurs marges de l’exploitation des travailleurs et du vivant, de l’optimisation fiscale, du business des données personnelles des utilisateurs etc. là où le cœur de notre projet coopératif est tourné vers l’intérêt général, le développement de circuits économiques vertueux, la préservation du vivant et la justice sociale.

Après, il reste encore à inventer des modes d’investissement innovants pour nos projets, qui ne cadrent pas avec le modèle start-ups. Une réflexion à ouvrir pour faire coïncider investissement et « temps des communs », nécessairement plus lent que le « temps des start-ups ».

Un dernier point important est l’accompagnement à l’utilisation des plateformes sur les territoires, et le soutien à l’utilisation de ces plateformes qui interviennent dans l’intérêt général et non pour leurs intérêts particuliers, via par exemple l’adaptation des critères de la commande publique. Ici nous renvoyons aussi à l’excellent rapport de Alexandre Bigot-Verdier pour La Coop des Communs : « Plateformes coopératives : infrastructures territoriales de coopération« 

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